En bref

Une batterie virtuelle n'est pas une batterie, c'est un contrat de fourniture d'électricité. Aux tarifs d'octobre 2026, elle valorise le surplus solaire à peu près autant qu'une batterie physique, sans investissement. Mais chaque kWh « déstocké » perd la moitié de sa valeur en frais de réseau et taxes, ses conditions peuvent changer à tout moment, elle ne vous alimente pas en cas de coupure, et le modèle repose sur un écart de prix (midi contre soir, été contre hiver) qui se creuse année après année. Notre conclusion est nette : la batterie physique est la meilleure solution.

Depuis la réforme du tarif d'achat du surplus de juin 2026, presque tous nos clients nous posent la même question : « Et la batterie virtuelle, ce n'est pas plus simple ? » La question est légitime. Le surplus solaire ne se revend plus que 1,1 c€/kWh, et les offres de stockage virtuel promettent de le « garder » pour le restituer le soir ou l'hiver.

Chez enerev, nous installons des panneaux, des bornes et des batteries physiques, et nous sommes aussi bureau d'études. Nous avons donc un intérêt évident à vous vendre une batterie : c'est pour cela que cet article donne ses chiffres, ses sources et ses limites, y compris quand ils ne vont pas dans notre sens. Jugez sur pièces.

1. Une batterie virtuelle, comment ça marche vraiment ?

Rien n'est stocké : votre surplus part sur le réseau public, où vos voisins le consomment dans la seconde. Votre fournisseur vous inscrit en échange un crédit de kWh sur un compteur informatique, qu'il déduit plus tard de votre facture quand vous consommez depuis le réseau.

Trois conséquences pratiques en découlent :

  • Vous changez de fournisseur. Le stockage virtuel est indissociable d'un contrat de fourniture chez le même acteur.
  • Le kWh « déstocké » repasse par le réseau. Il supporte donc l'acheminement (TURPE), l'accise et la TVA, comme n'importe quel kWh acheté.
  • Le crédit est une promesse commerciale, pas un bien que vous possédez.

Les deux offres principales sur le marché français, à la date de cet article :

OffreMise en serviceAbonnement stockage (6 kWc)Coût par kWh restituéEngagement
Urban Solar Energy — Stockage virtuel299 € TTC1 € HT/kWc/mois, soit 7,20 € TTC/moisAcheminement 4,99 c€ HT (Base) + taxes et contributionsAucun
mylight150 — MyBattery (illimitée)279 € TTC1,90 € TTC/kWc/mois, soit 11,40 € TTC/mois10,86 c€ TTC (acheminement 5,99 + accise 3,67 + CEE 1,20)Aucun
mylight150 — MySmartBattery (plafonnée)279 € TTC14,99 € (20 kWh) à 281,99 € TTC/mois (10 000 kWh)Inclus dans l'abonnementAucun

À noter : l'acheminement facturé par ces offres correspond exactement à la part énergie du TURPE pour les petits consommateurs (4,99 c€ HT/kWh en option CU, 5,09 et 3,61 c€ en MUDT), publiée par Enedis dans sa brochure tarifaire TURPE 7 au 1er août 2026 (p. 19, disponible sur enedis.fr/documents). Le coût de restitution suit donc mécaniquement l'évolution du tarif de réseau.

L'absence d'engagement joue dans les deux sens : vous pouvez partir quand vous voulez, mais le fournisseur peut aussi faire évoluer ses prix. mylight150 affiche d'ailleurs déjà une nouvelle grille au 1er novembre 2026 pour ses clients existants.

2. Une batterie physique, ce que l'on achète

Une batterie physique stocke réellement votre surplus chez vous, derrière votre compteur, et le restitue sans passer par le réseau. Le kWh restitué ne supporte donc ni TURPE, ni accise, ni TVA : il ne perd que les pertes de conversion, de l'ordre de 10 % aller-retour pour une batterie lithium-fer-phosphate (LFP) récente (ordre de grandeur constructeur).

En contrepartie, il faut l'acheter. Pour une batterie lithium-fer-phosphate, comptez environ 170 € TTC par kWh de capacité pour la batterie seule, hors onduleur hybride, câblage, protections et pose :

CapacitéPrix indicatif TTC, batterie seule hors pose
5 kWh850 €
10 kWh1 700 €
15 kWh2 550 €

Le bon dimensionnement compte plus que la taille : une batterie qui ne se vide pas chaque soir est une batterie payée pour rien. Pour une maison de 6 000 kWh/an, la consommation de soirée et de nuit dépasse rarement 5 à 8 kWh par jour hors chauffage.

Les limites sont réelles et nous les assumons : un investissement initial, un vieillissement (la capacité baisse avec les cycles), un encombrement, et une utilité faible en hiver, quand il n'y a presque pas de surplus à stocker.

3. Le comparatif chiffré : ce que dit la calculette aujourd'hui

Aux tarifs d'octobre 2026, une installation de 6 kWc valorise son surplus à environ 175 à 265 € par an avec une batterie virtuelle, sans investissement. Avec une batterie physique de 5 kWh, complétée par la revente à EDF OA de ce qui n'a pas pu être stocké, elle le valorise à environ 255 € par an, pour un investissement d'environ 800 € TTC (pour une batterie intégrée à une installation solaire réalisée par enerev) couvert en quatre ans environ.

Notre scénario type, en Île-de-France :

  • installation de 6 kWc produisant environ 6 900 kWh/an (1 150 kWh/kWc, toiture plein sud sans ombrage (PVGIS, Paris)) ;
  • consommation de 6 000 kWh/an, dont 2 300 kWh autoconsommés directement ;
  • 4 600 kWh de surplus injectés, et 3 700 kWh achetés au réseau le soir, la nuit et l'hiver ;
  • électricité au Tarif Bleu Base 6 kVA au 1er août 2026 : 20,01 c€ TTC/kWh ;
  • surplus revendu 1,1 c€ HT/kWh à EDF OA depuis l'arrêté du 1er juin 2026 (JORF du 4 juin), applicable aux demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026 ;
  • hypothèse favorable aux offres virtuelles : leur prix de fourniture est supposé égal au Tarif Bleu.
  • SolutionInvestissementCoûts récurrentsValeur annuelle du surplus
    Batterie virtuelle Urban Solar Energy299 €86 €/an + 9,7 c€ par kWh restituéEnviron 265 €/an
    Batterie virtuelle mylight150 MyBattery279 €137 €/an + 10,9 c€ par kWh restituéEnviron 175 €/an
    Batterie physique 5 kWh + revente EDF OA du resteEnviron 800 € TTC posée (pour une batterie intégrée à une installation solaire réalisée par enerev)Quasi nulsEnviron 255 €/an (1 100 kWh restitués, 3 400 kWh revendus à 1,1 c€)

Pour Urban Solar, nous avons appliqué au kWh restitué l'acheminement affiché (4,99 c€ HT) et le même taux d'accise que mylight150, TVA comprise.

Le graphique ci-dessous montre où part la valeur d'un kWh « déstocké ».

Sur 20 centimes, un kWh déstocké n'en rapporte plus que 4,7 Offre MyBattery de mylight150, installation de 6 kWc, 3 700 kWh restitués par an, en centimes d'euro TTC par kWh. Prix du kWh acheté au Tarif Bleu Base : 20,01. Frais prélevés : acheminement 5,99, accise 3,67, certificats d'économie d'énergie 1,20, abonnement ramené au kWh 4,46. Valeur nette du kWh restitué : 4,69 centimes, soit 23 %. Une batterie physique conserve environ 18 centimes. Sur 20 c€, un kWh « déstocké » n'en rapporte plus que 4,7 Offre MyBattery (mylight150), 6 kWc, 3 700 kWh restitués par an, en c€ TTC par kWh Batterie physique : ~18 c€ conservés Prix du kWh acheté (Tarif Bleu Base) Acheminement (TURPE) Accise sur l'électricité Certificats d'économie d'énergie Abonnement ramené au kWh Valeur nette du kWh restitué 20,01 − 5,99 − 3,67 − 1,20 − 4,46 4,69 c€ (23 %)
Calcul enerev d'après la grille tarifaire mylight150 (octobre 2026) et le Tarif Bleu Base 6 kVA au 1er août 2026 (20,01 c€ TTC). Abonnement : 11,40 €/mois + 279 € d'activation amortis sur 10 ans, rapportés à 3 700 kWh restitués.

Une batterie virtuelle se comporte comme une batterie physique au rendement très faible. En ne comptant que les frais de restitution, il reste 46 % (MyBattery) à 52 % (Urban Solar) de la valeur du kWh ; abonnement inclus, il en reste 23 % à 36 %. Une batterie LFP en conserve environ 90 %.

Concrètement, les deux solutions rapportent des montants comparables en 2026. La batterie virtuelle ne demande pas d'investissement, mais ses conditions sont révisables à tout moment. La batterie physique se rembourse en quatre ans environ, puis ses gains ne dépendent plus d'aucun fournisseur. La vraie question n'est donc pas le gain de cette année, mais la tenue des conditions sur 15 à 20 ans, durée de vie de vos panneaux. C'est l'objet des sections suivantes.

4. « Je stocke l'été, je récupère l'hiver » : le réseau n'est pas une batterie saisonnière

C'est l'argument qui séduit le plus, et c'est celui qui a le moins de sens physique et économique. Dans une maison chauffée à l'électricité, le surplus apparaît d'avril à octobre et le besoin de novembre à mars : il faudrait « garder » l'énergie six mois.

Le surplus naît en été, le besoin en hiver Production moins consommation par mois, en kWh, pour une maison type de 6 kWc consommant 6 000 kWh par an avec une pompe à chaleur. Janvier moins 591, février moins 349, mars moins 39, avril plus 333, mai plus 513, juin plus 592, juillet plus 628, août plus 535, septembre plus 325, octobre plus 3, novembre moins 403, décembre moins 647. Excédent cumulé d'avril à octobre : 2 929 kWh. Déficit cumulé de novembre à mars : 2 029 kWh. Le surplus naît en été, le besoin en hiver Production moins consommation, par mois, en kWh : maison type 6 kWc, 6 000 kWh/an avec pompe à chaleur +2 929 kWh d'excédent cumulé (avril à octobre) −2 029 kWh de déficit cumulé (novembre à mars) −591 −349 −39 +333 +513 +592 +628 +535 +325 +3 −403 −647 Janv.Févr.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.
Profil illustratif établi par enerev : production répartie selon un ensoleillement francilien type (ordre de grandeur), consommation d'une maison chauffée par pompe à chaleur. Soldes mensuels, hors variations jour/nuit.

Personne ne sait faire cela à bas coût : à ce jour, seule l'hydraulique de lac permet un véritable stockage saisonnier à grande échelle, et ses capacités sont limitées par la géographie.

Dans une batterie virtuelle, il ne se passe donc rien de saisonnier : votre kWh de juillet est vendu en juillet, au prix de juillet. Le kWh que l'on vous « rend » en janvier est acheté par votre fournisseur en janvier, au prix de janvier. Ce que l'offre vous vend réellement, c'est un pari sur l'écart entre ces deux prix, que le fournisseur prend à votre place. La section suivante montre que cet écart grandit.

Précision importante : une batterie physique ne fait pas mieux sur ce point. Elle décale l'énergie de midi vers le soir, pas de juillet vers janvier. Pour l'hiver, les vrais leviers sont ailleurs : bien dimensionner l'installation, orienter une partie des panneaux pour l'hiver si la toiture le permet, et piloter les usages (chauffe-eau, recharge du véhicule) sur les heures de production.

5. Un modèle d'affaires pris en tenaille

Le fournisseur d'une batterie virtuelle reçoit votre électricité quand elle vaut de moins en moins, et doit vous la rendre quand elle coûte de plus en plus. Les deux mâchoires de cette tenaille se resserrent.

Première mâchoire : le kWh de midi perd sa valeur. Le marché de gros se sature de solaire en milieu de journée. La France a connu 513 heures de prix spot négatifs en 2025, et déjà 407 heures sur le seul premier semestre 2026, soit 10 % du temps. Le 1er mai 2026, le prix a même touché −498 €/MWh, un record.

Prix négatifs : 407 heures au premier semestre 2026 Nombre d'heures de prix spot négatifs en France, de janvier à juin : 53 heures au premier semestre 2023, 235 en 2024, 363 en 2025 et 407 en 2026. Prix négatifs : 407 heures au 1er semestre 2026 Nombre d'heures de prix spot négatifs en France, de janvier à juin 53 h 235 h 363 h 407 h S1 2023S1 2024S1 2025S1 2026
RTE, bilans semestriels : 53 h (S1 2023) et 235 h (S1 2024) via Connaissance des Énergies ; 363 h (S1 2025) et 407 h (S1 2026) d'après la synthèse RTE du 16/07/2026.

Par honnêteté, trois nuances : la moitié de ces prix négatifs sont très légèrement négatifs ; le marché spot ne représente qu'environ 25 % des volumes échangés ; et l'écrêtement des parcs solaires a réduit les prix négatifs d'un tiers en août 2026 par rapport à août 2025. La tendance de fond reste néanmoins nette.

Deuxième mâchoire : le kWh du soir et de l'hiver reste cher. En 2025, 21 % des heures de l'année ont dépassé 100 €/MWh, contre 16 % en 2024, selon la CRE. Ce sont précisément les heures où l'on vous « rend » vos kWh. L'électrification annoncée (pompes à chaleur, véhicules, industrie) pèsera d'abord sur ces pointes du soir et d'hiver.

Et le réseau, qu'il faut payer. RTE prévoit près de 100 milliards d'euros d'investissements d'ici 2040 et Enedis 96 milliards sur 2022-2040. La CRE estime l'effet de ces investissements sur le TURPE à environ 1 % par an au-delà de l'inflation pour les résidentiels, et le TURPE a déjà augmenté de 3,04 % au 1er août 2026. Or l'acheminement facturé sur chaque kWh restitué est justement cette part du TURPE. Sur ce point, soyons mesurés : la hausse attendue est progressive, pas explosive. Mais elle va dans un seul sens, et vous la paierez sur chaque kWh « déstocké ».

Regardons enfin qui paie quoi. Chez mylight150, les frais de restitution sont facturés « à prix coûtant », selon leurs propres termes. Le fournisseur doit donc couvrir l'achat de l'énergie du soir et de l'hiver avec l'abonnement, environ 3,7 c€ par kWh restitué dans notre scénario, et sa marge sur la fourniture. Pour mémoire, le prix spot moyen français a été d'environ 61 €/MWh en 2025, soit 6,1 c€/kWh, et nettement plus aux heures de pointe. L'équation ne tient que si les prix montent, si la base de clients finance l'écart, ou si le surplus reçu garde de la valeur. C'est notre analyse, pas une certitude, mais c'est elle qui fonde notre méfiance.

6. Le risque de contrepartie : à qui confiez-vous vos kWh ?

Une batterie physique vous appartient ; un crédit de kWh dépend de la santé et des choix de celui qui le tient. En cas de faillite, l'électricité n'est pas coupée : les clients basculent chez un fournisseur de secours, comme lors de la liquidation d'Hydroption fin 2021. Ce qui est exposé, c'est le solde de kWh accumulé, une simple créance commerciale.

Ce solde n'a rien d'anecdotique : dans notre scénario, un client qui « stocke l'été pour l'hiver » détient en octobre près de 2 900 kWh de crédit, soit environ 580 € au Tarif Bleu.

Avec une batterie physique, le surplus qui n'a pas pu être stocké est revendu à EDF OA, une contrepartie d'une tout autre solidité que mylight150 ou Urban Solar Energy : un acheteur désigné par la loi, un contrat de 20 ans, un coût compensé par les charges de service public de l'énergie. À 1,1 c€/kWh, cette revente rapporte peu, environ 37 € par an dans notre scénario, mais ce peu est certain. C'est le choix entre un petit revenu garanti et un gain plus élevé, révisable à tout moment, adossé à un acteur privé.

Le précédent allemand mérite d'être connu. Les « Strom-Cloud », équivalents des batteries virtuelles, y ont été très populaires : l'E.ON SolarCloud a été arrêtée en septembre 2021, la SENEC.Cloud n'accepte plus de nouveaux clients, et la Verbraucherzentrale (l'UFC-Que Choisir allemande) constate que plusieurs fournisseurs ont abandonné ces offres.

7. Une « erreur spatio-temporelle » : à contre-courant de ce qui se fait ailleurs

Le stockage virtuel proposé par un fournisseur n'est pas une invention française. L'Allemagne l'a connu sous le nom de « Strom-Cloud », et ces offres y reculent au moment où elles se développent en France.

PaysOffreStatut
AllemagneE.ON SolarCloudArrêtée en septembre 2021
AllemagneSENEC.CloudFermée aux nouveaux clients
FranceUrban Solar Energy, mylight150En développement depuis la baisse du tarif d'achat

Ces offres restent possibles en France parce qu'elles ne sont pas de la compensation au sens strict : le client paie l'acheminement et les taxes sur chaque kWh restitué. C'est aussi pour cela qu'un kWh restitué perd la moitié de sa valeur.

C'est le sens de notre formule d'« erreur spatio-temporelle ». Erreur d'espace : la batterie est placée de l'autre côté du compteur, sur un réseau qui n'a pas été conçu pour stocker. Erreur de temps : le modèle arrive au moment où les pays qui l'ont pratiqué l'abandonnent.

Le reste du monde, lui, prend le chemin du stockage physique. Dans son rapport du 12 août 2026, « Batteries have unlocked the era of anytime solar », Kostantsa Rangelova (Ember) estime que les batteries installées en 2026 pourraient décaler vers le soir 34 % de la nouvelle production solaire quotidienne mondiale. En Californie, solaire et batteries ont couvert plus d'un quart de la demande de la pointe du soir (19 h-21 h) au premier semestre 2026. Ember souligne aussi les limites : ce chiffre est un plafond théorique, et les batteries ne règlent pas les périodes de plusieurs jours sans soleil ni vent.

8. La question de fond : pourquoi avez-vous posé des panneaux ?

Quand nos clients nous expliquent leur projet, ils parlent rarement de rendement financier en premier. Ils parlent d'autonomie : moins dépendre d'un marché qui fluctue, se protéger des hausses, garder la main dans un monde plus incertain.

La batterie virtuelle produit l'effet inverse. Vos panneaux sont derrière votre compteur, chez vous ; votre « batterie », elle, se trouve de l'autre côté, dans la comptabilité d'un fournisseur. Vous ajoutez donc une dépendance là où vous vouliez en retirer une :

  • au fournisseur, dont les prix et les conditions peuvent changer ;
  • au réseau, dont vous payez l'usage sur chaque kWh restitué, et dont le tarif suit les investissements à venir ;
  • au régulateur, qui peut modifier demain les règles qui rendent ces offres possibles.

Une batterie physique a ses limites, nous les avons décrites. Mais l'énergie qu'elle contient est à vous, chez vous, quoi qu'il arrive à votre fournisseur. C'est cohérent avec la raison pour laquelle vous avez posé des panneaux.

9. Le secours en cas de coupure : ce qu'aucune batterie virtuelle ne fera

Quand le réseau tombe, une installation photovoltaïque s'arrête automatiquement, même en plein soleil. C'est une protection obligatoire, qui évite de réinjecter du courant sur un réseau où interviennent des techniciens. Une batterie virtuelle n'y change rien : votre crédit de kWh ne vous éclaire pas.

Une batterie physique associée à un onduleur hybride doté d'une fonction de secours (backup) peut, elle, isoler la maison du réseau et continuer d'alimenter les circuits prioritaires : réfrigérateur et congélateur, éclairage, box internet, circulateur de chauffage. Le jour, les panneaux continuent même de recharger la batterie.

Cet atout prend de la valeur. Le réseau a été conçu pour un autre climat : lors d'une récente vague de canicule, des coupures ont privé de courant de nombreux foyers et Enedis a activé sa Force d'intervention rapide électricité, d'ordinaire réservée aux tempêtes. RTE consacre environ 24 milliards d'euros de son plan à renouveler et adapter le réseau existant, une réponse étalée sur quinze ans. D'ici là, les épisodes extrêmes se multiplient.

Le secours se prévoit à la conception : choix de l'onduleur, séparation des circuits prioritaires, dimensionnement de la batterie selon l'autonomie souhaitée. C'est un point que nous étudions systématiquement avec nos clients.

10. Les objections que l'on nous oppose, et nos réponses

« Je ne veux rien investir. » Une batterie de 5 kWh coûte environ 800 € TTC posée (pour une batterie intégrée à une installation solaire réalisée par enerev) et se rembourse en quatre ans environ dans notre scénario. Ensuite, ses gains ne dépendent plus d'aucun fournisseur, pendant toute sa durée de vie.

« La batterie virtuelle me rend aussi mon surplus en hiver. » Elle vous le rend sur le papier, après avoir prélevé entre la moitié et les trois quarts de sa valeur en frais et abonnement, et à condition que le fournisseur maintienne ses conditions jusque-là. Le solde accumulé l'été est exposé tout l'automne.

« Ma batterie va vieillir. » C'est vrai : sa capacité baisse lentement avec les cycles. Mais cette perte est connue, garantie par le fabricant et progressive. Les conditions d'une offre sans engagement peuvent, elles, changer d'un mois à l'autre.

« Mon surplus est faible. » Alors une batterie n'est peut-être pas utile, et nous vous le dirons. Dans ce cas, la priorité est d'autoconsommer davantage en programmant le chauffe-eau ou la recharge du véhicule à midi, et de revendre le reste à EDF OA, contrepartie certaine. Même là, la batterie virtuelle n'apporte pas de sécurité supplémentaire.

Notre méthode est toujours la même : autoconsommer d'abord, piloter ensuite, stocker dans une vraie batterie dès qu'il reste un surplus régulier à décaler vers le soir.

Conclusion : un bon contrat d'un an, un mauvais pari sur vingt ans

La batterie virtuelle est séduisante sur la facture de cette année et fragile sur la durée de vie de vos panneaux. La batterie physique coûte un peu plus au départ, mais ce qu'elle stocke vous appartient, elle vous alimente en cas de coupure et ses gains ne dépendent de personne. Pour un propriétaire de panneaux solaires, c'est la meilleure solution.

CritèreBatterie virtuelleBatterie physique + revente EDF OA du reste
InvestissementFrais de mise en service (279 à 299 €)Environ 170 € TTC/kWh pour la batterie seule, hors onduleur, câblage et pose
Valeur annuelle du surplus en 2026 (6 kWc)Environ 175 à 265 €/anEnviron 255 €/an
Part de la valeur du kWh stocké conservée23 à 36 %Environ 90 %
Stockage été vers hiverComptable seulement, rien n'est stockéNon (midi vers soir)
Stabilité des conditionsRévisables à tout momentBatterie : fixée à l'achat ; revente : contrat de 20 ans
ContrepartieFournisseur privéAucune pour le stocké ; acheteur désigné par la loi pour le reste
Alimentation en cas de coupureAucune : l'installation s'arrêtePossible avec un onduleur hybride à fonction secours
Apport au réseau (flexibilité)NulRéduit la pointe du soir
AutonomieDépendance accrueRéelle, chez vous

Si vous envisagez une batterie virtuelle, posez trois questions à votre fournisseur : que devient mon solde de kWh si je change d'offre ou si vous cessez l'activité ? Comment vos prix ont-ils évolué depuis deux ans ? Sur quel prix de l'électricité est calculé l'avantage annoncé ?

Et si vous voulez un avis chiffré sur votre propre installation, c'est notre métier de bureau d'études. enerev, certifié RGE QualiPV et OPQIBI, réalise une étude à partir de votre courbe de consommation réelle (Linky) : nous vous dirons honnêtement si une batterie physique se justifie chez vous, et si elle ne se justifie pas. Contactez-nous sur enerev.fr.

Questions fréquentes

Non. Rien n'est stocké : votre surplus part sur le réseau public, et votre fournisseur vous inscrit en échange un crédit de kWh, qu'il déduit plus tard de votre facture. C'est un contrat de fourniture d'électricité, pas un équipement chez vous.

Comptez environ 170 € TTC par kWh de capacité pour la batterie seule, hors onduleur hybride, câblage, protections et pose : environ 850 € pour 5 kWh, 1 700 € pour 10 kWh et 2 550 € pour 15 kWh (estimation enerev, octobre 2026). Le bon dimensionnement compte plus que la taille.

Non, ni avec une batterie virtuelle ni avec une batterie physique. La batterie virtuelle ne stocke rien : c'est un jeu d'écriture entre le prix de juillet et celui de janvier. Une batterie physique décale l'énergie de midi vers le soir. Pour l'hiver, mieux vaut bien dimensionner l'installation et piloter les usages sur les heures de production.

Non. En cas de coupure du réseau, une installation photovoltaïque s'arrête automatiquement, et un crédit de kWh ne vous éclaire pas. Seule une batterie physique associée à un onduleur hybride doté d'une fonction de secours peut alimenter vos circuits prioritaires.

Votre électricité n'est pas coupée : vous basculez chez un fournisseur de secours. Mais votre solde de kWh accumulé n'est qu'une créance commerciale : il est exposé. Avec une batterie physique, l'énergie stockée vous appartient, chez vous.

Sources

Chiffres et règles vérifiés auprès des sources officielles suivantes, à la date de mise à jour de l'article (11 octobre 2026) :

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